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Ce que l’épigénétique nous apprend sur la transmission des chocs psychologiques


Un choc, c’est une effraction.

Il peut être réel (accident, deuil, violence, maladie) ou symbolique (humiliation, abandon, secret, faillite, exil).

Dans tous les cas, il déborde nos capacités d’adaptation. Quelque chose se fige. Le corps enregistre. La mémoire émotionnelle imprime.

 

En psychogénéalogie, un principe est largement partagé : ce qui n’est pas résolu se transmet ; ce qui est reconnu peut se transformer.

Les blessures tues ne disparaissent pas. Elles changent simplement de forme.

 

On observe alors des répétitions troublantes :

– mêmes âges charnières où survient un accident ou une séparation

– mêmes scénarios (amoureux, professionnels, familiaux…)

– mêmes faillites, maladies, exclusions, deuil non faits

– ce que l’on appelle un syndrome anniversaire

 

Ces répétitions traduisent souvent des loyautés familiales invisibles.

Par amour inconscient, nous restons fidèles à un ancêtre blessé. Nous portons une histoire qui ne nous appartient pas.

 

Les phrases qui reviennent en consultation sont éloquentes :

« Je porte quelque chose qui ne m’appartient pas. »

« Je me sens entravé dans ma vie. »

« J’aimerais stopper une fatalité familiale. »

 

Longtemps, ces phénomènes ont été interprétés uniquement sous l’angle psychologique ou symbolique.

Mais aujourd’hui, la science apporte un éclairage nouveau : l’épigénétique.

 

Selon Joël de Rosnay, Docteur en chimie organique et prébiotique, l'épigénétique signifie "par-dessus la génétique classique. C'est la possibilité de moduler l'expression de nos gènes par notre comportement". L’épigénétique étudie donc la manière dont notre environnement et nos expériences influencent l’expression de nos gènes, sans en modifier la structure.

Autrement dit, nos gènes ne sont pas un destin figé. Ils s’activent ou se désactivent en fonction de notre vécu.

 

Des recherches* montrent que des stress intenses ou des traumatismes peuvent laisser une « signature biologique » transmissible aux générations suivantes.

Ce que la psychogénéalogie pressentait, l’épigénétique commence à l’objectiver.

 

Le corps garde trace. Mais il garde aussi la capacité de transformation.

Cela signifie une chose essentielle : la transmission n’est pas une condamnation.

 

La conscience, la mise en mots, le travail thérapeutique peuvent modifier ces mécanismes.

Notre biologie est sensible à notre histoire… mais aussi à nos choix et à notre environnement actuel.

Comprendre ces mécanismes, c’est reprendre du pouvoir. C’est passer de la fatalité à la responsabilité.

C’est transformer une loyauté inconsciente en liberté consciente.

 

Et si votre histoire ne demandait pas à être subie…

mais comprise pour être enfin libérée ?



Pour aller plus loin sur l'épigénétique, je vous invite à regarder l'interview « La symphonie du vivant » : l'épigénétique, c'est fantastique avec Joël de Rosnay.


Charline Mesnard

 

* Dont "Transgenerational Epigenetics of Traumatic Stress" par Ali Jawaid, Martin Roszkowski, Isabelle M. Mansuy, publiée dans : Progress in Molecular Biology and Translational Science, 2018

 

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